Comment choisir la zone de mise au point ?

 Présentation des différents réglages pour choisir la zone de mise au point

Dans mon article précédent, je vous ai montré comment choisir le bon mode autofocus en fonction de votre sujet. Nous avons vu notamment qu'il ne faut pas utiliser le même mode autofocus pour des sujets statiques et des sujets en mouvement.

Mais pour avoir des photos nettes, vous ne pouvez pas vous contenter de sélectionner un mode autofocus... Vous devez aussi choisir une zone du cadre pour faire la mise au point !

Dans un premier temps, je vais vous présenter les collimateurs qui vont vous aider à sélectionner cette zone. Puis, nous verrons ensuite les différentes options à votre disposition pour faire la mise au point au bon endroit.

Les collimateurs, quésaco ?

Les collimateurs (ou points AF) sont les éléments de base de l'autofocus de votre appareil photo. Si vous n'en avez jamais entendu parler, il s'agit tout simplement des petits carrés ou des petits points que vous voyez dans le viseur de votre appareil photo.

Vous les avez sûrement déjà remarqués en appuyant à mi-course sur le déclencheur. La plupart des appareils émettent un bip sonore et les collimateurs s'éclairent (souvent en rouge ou en vert) pour indiquer où la mise au point va se faire.

Le rôle des collimateurs est donc assez facile à comprendre. Ils permettent de choisir la zone de mise au point. Pour dire les choses encore plus simplement, les collimateurs permettent de choisir la zone qui sera la plus nette sur votre photo.

 Les collimateurs disponibles sur un autofocus

Avant d'aller plus loin, vous devez savoir qu'il existe différents types de collimateurs. Certains s'en sortent mieux que d'autres et autorisent une mise au point plus rapide et plus précise.

Le collimateur en ligne (ou collimateur simple) est orienté horizontalement ou verticalement. C'est le collimateur le plus basique que l'on peut trouver. Le collimateur en croix est plus complexe et consiste en une combinaison de deux collimateurs en ligne. Enfin, le collimateur en étoile est composé de deux collimateurs en croix.

Comme vous pouvez vous en douter, un collimateur en ligne est moins performant qu'un collimateur en croix, lui-même étant moins performant qu'un collimateur en étoile. À l'heure actuelle, c'est donc le collimateur en étoile qui offre les meilleurs résultats. La Rolls Royce des collimateurs en quelque sorte ;-)

Collimateurs et module autofocus

Maintenant que vous connaissez les collimateurs, voyons comment ils sont intégrés à votre appareil photo. En fait, les collimateurs font partie d'un dispositif composé d'éléments optiques et électroniques : le module autofocus. C'est ce dispositif qui est chargé d'assurer la mise au point automatique pour votre boîtier.

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Le module autofocus Multi-CAM 3500FX (© Nikon)

Je ne vais sûrement pas vous surprendre en vous disant que tous les modules autofocus ne se valent pas... Selon les modèles d'appareils photo, l'autofocus est plus ou moins perfectionné. En ce qui concerne les collimateurs, la différence se joue essentiellement sur deux critères : le nombre de collimateurs et le type de collimateurs.

Sur les boîtiers d'entrée de gamme, les collimateurs sont peu nombreux et ils couvrent seulement une petite partie du cadre. La plupart du temps ces appareils ne proposent qu'un seul collimateur en croix, les autres collimateurs étant des collimateurs simples.

Vous avez peut-être déjà entendu que le collimateur central est le collimateur le plus précis. Et bien c'est absolument vrai, car le collimateur central est presque toujours un collimateur en croix !

 
 Les collimateurs du reflex D3400
 

L'autofocus du Nikon D3400 contient 11 collimateurs (dont un seul en croix, au centre). La surface couverte par les collimateurs est assez réduite.

Sur les boîtiers haut de gamme, le nombre de collimateurs est plus important et la surface couverte est plus grande. Si votre sujet est excentré sur un bord du cadre, vous aurez donc plus de facilité à l'accrocher avec l'autofocus.

Ces boîtiers proposent aussi davantage de collimateurs complexes (en croix ou en étoile), ce qui rend la mise au point beaucoup plus performante. Vous pouvez ainsi obtenir une mise au point rapide et ultra-précise en utilisant d'autres collimateurs que celui situé au centre.

 
 Les collimateurs du reflex D500
 

L'autofocus du Nikon D500 contient 153 collimateurs (99 collimateurs en croix) dont 55 sont sélectionnables. Les collimateurs couvrent près de 80% de la surface du cadre !

Choisir la zone de mise au point

Nous allons voir à présent qu'il existe plusieurs modes pour sélectionner les collimateurs. Selon la méthode choisie, vous aurez plus ou moins de liberté pour choisir la zone de mise au point.

Si vous cherchez dans le manuel de votre appareil photo, vous trouverez différentes appellations pour ce réglage. Selon les fabricants on parle de "Mode de zone AF", "Mode de sélection des collimateurs", ou encore "Sélection de la zone de mise au point".

Même si le nom varie, vous aurez plus ou moins les mêmes options sur des appareils de gamme équivalente. Une fois encore, les boîtiers haut de gamme proposeront des possibilités supplémentaires par rapport aux boîtiers plus basiques.

Sélection automatique

C'est en général le mode proposé par défaut et on le trouve sous les termes "AF zone automatique", "Sélection automatique" ou plus simplement "Automatique" ou "Auto".

L'appareil photo détecte le sujet automatiquement et choisit le ou les collimateurs qui lui semblent les plus pertinents. Autant le dire tout de suite, ce mode ne vous laisse aucune liberté ! C'est l'appareil photo et uniquement lui qui décide la zone de mise au point. Dans la plupart des cas, la mise au point se fait sur l'élément le plus proche de l'appareil photo.

Ce mode fonctionne plutôt bien avec un sujet central qui se détache de l'arrière-plan. Mais le résultat est beaucoup plus aléatoire lorsque deux éléments ou plus sont dans le cadre. L'appareil a de fortes chances de faire la mise au point au mauvais endroit. Vous pourrez aussi avoir des déconvenues si le sujet ne contraste pas avec l'arrière-plan ou s'il occupe une petite place dans le cadre.

À moins que vous ne débutiez complètement ou que vous soyez pressés, je vous déconseille d'utiliser ce mode. Laisser l'appareil décider de la zone de mise au point, c'est un peu comme participer à un tirage au sort... Vous n'êtes pas sûr de gagner à tous les coups ;-)

 La sélection automatique des collimateurs ne donne pas toujours un bon résultat

La mise au point s'est faite sur les buissons, à l'arrière du sujet (une fleur mauve). L'appareil photo n'a pas choisi la bonne zone.

Sélection manuelle

Pour pouvoir sélectionner vous-même un collimateur, vous devez chercher « AF point sélectif« , « Local » ou « Sélection des collimateurs autofocus » dans les menus de votre appareil photo.

Avec ce mode, vous choisissez manuellement un collimateur parmi ceux proposés par votre boîtier. La mise au point se fait alors sur l’élément qui se trouve au niveau du collimateur que vous avez sélectionné.

Le principal avantage de cette méthode, c'est que vous avez une grande liberté pour choisir la zone de mise au point. Cela peut aussi vous permettre de choisir un "meilleur" collimateur (collimateur en croix ou en étoile) afin de réaliser une mise au point plus précise.

Ce mode convient bien pour des sujets statiques ou peu mobiles qui ont peu de chances de se déplacer vers une autre partie du cadre ou d'en sortir.

Sélection dynamique

Comme pour le mode précédent, vous choisissez manuellement un collimateur pour faire la mise au point. Mais cette fois-ci, l'appareil photo tient compte des informations fournies par les collimateurs voisins si le sujet quitte le collimateur sélectionné. Vous l'avez compris, si votre sujet est en mouvement, c'est le mode à privilégier !

En fonction des modèles de boîtiers, on peut choisir un mode dynamique à 9, 11, 21, 39 ou 51 points, par exemple. On trouve ce mode avec les appellations "AF zone dynamique xx points", "Extension du collimateur AF" ou encore "Zone AF étendue".

Plus votre sujet présente un mouvement imprévisible et plus vous devez choisir un nombre élevé. Par exemple, pour un coureur à pied dont le déplacement est assez prévisible, vous pouvez vous limiter à 9 collimateurs. Par contre, pour un oiseau avec un déplacement aléatoire, vous avez intérêt à utiliser un nombre élevé de collimateurs pour garantir une bonne mise au point.

 La sélection dynamique des collimateurs permet de mieux photographier les sujets en mouvement

Pour photographier ce pélican en vol, j'ai utilisé le mode AF zone dynamique 39 points et le mode autofocus continu AF-C de mon reflex.

Suivi 3D

Ce mode a été développé par Nikon et on le retrouve exclusivement chez les boîtiers de la marque. De même que pour les modes précédents, il faut d'abord choisir manuellement un collimateur. Si le sujet quitte le collimateur, l'appareil photo le suit et sélectionne de nouveaux collimateurs. Tant que le déclencheur reste enfoncé à mi-course et que le sujet est couvert par un collimateur, le suivi 3D est actif.

Ce mode est notamment utile pour photographier des sujets en mouvement avec un déplacement latéral. Vous pouvez aussi vous en servir pour recomposer rapidement votre photo sans perdre la mise au point sur le sujet.

À noter que le boîtier s'appuie sur les couleurs du sujet pour effectuer le suivi. Si le sujet et l'arrière-plan ont des couleurs proches, le suivi peut s'avérer difficile.

Conclusion

Vous connaissez maintenant l'essentiel pour choisir la zone de mise au point grâce à l'autofocus de votre appareil photo. Dans la majorité des cas, évitez la sélection automatique des collimateurs qui ne vous laisse absolument aucune liberté. Pour garantir une mise au point efficace et des photos nettes au bon endroit, choisissez vous-même les collimateurs !

Comme pour le mode autofocus, vous n'utiliserez pas le même mode de sélection si votre sujet bouge ou s'il est immobile. Pour des sujets statiques, utilisez la sélection manuelle pour choisir avec précision la zone de mise au point. Pour des sujets en mouvement, privilégiez la sélection dynamique ou le suivi 3D si votre boîtier le permet.

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