L'interface de Pomelli pour créer des photos studio

Les photographes vont-ils disparaître ?

Google est-il en train de remplacer les photographes ?

Cette semaine, une nouvelle m’a fait réagir.

Google vient de lancer une fonctionnalité appelée Photoshoot, intégrée dans leur outil gratuit Pomelli.

Le concept est simple.

Vous prenez une photo basique d’un produit.

N’importe quelle photo, même avec des défauts.

Et en quelques clics, Pomelli la transforme en image de studio professionnelle : lumière parfaite, fond soigné et rendu impeccable.

À qui ça s’adresse ?

L’outil est destiné aux petites et moyennes entreprises qui vendent des produits en ligne.

La créatrice de bijoux faits main qui n’a pas les moyens de payer un shooting.

La marque de cosmétiques qui veut des visuels soignés pour son site.

La styliste qui lance sa collection de vêtements et qui galère à mettre ses produits en valeur.

Ces personnes n’avaient pas forcément accès à des visuels professionnels avant.

Maintenant, elles peuvent en avoir.

Et c’est gratuit.

En quelques minutes, il est possible de créer des visuels pour un produit

Faut-il s’inquiéter ?

Honnêtement ? Oui, pour certains photographes.

La photographie commerciale de produit est clairement dans le viseur de l’IA.

Ce n’est pas une menace hypothétique.

C’est déjà là.

Et ça va s’améliorer encore.

D’autres domaines suivront, c’est inévitable.

Le photographe qui faisait payer plusieurs centaines d’euros pour un shooting de produit va devoir se réinventer.

Est-ce que ça vous concerne ?

Vous, les lecteurs de ce blog, vous ne photographiez pas pour vendre des bijoux ou mettre en valeur des produits cosmétiques.

Vous photographiez parce que vous aimez ça.

Parce que vous aimez être dehors, appareil en main, à l’affût du bon moment.

Parce que vous aimez rentrer chez vous avec cette image dans la tête, celle que vous avez réussi à capturer.

Aucune IA ne peut vous donner ça.

Elle peut créer une belle image.

Mais elle ne peut pas vivre le moment.

Elle ne ressentira jamais le vent sur son visage en haut d’une montagne.

Elle ne connaîtra pas cette émotion quand la lumière bascule en quelques secondes et que tout devient magique.

Elle ne saura pas ce que c’est que de rentrer épuisé mais heureux d’une journée sur le terrain.

Créer une image avec l’IA, c’est produire.

Photographier, c’est vivre.

Ce sont deux choses très différentes.

Et ce que vous faites a une valeur que l’IA ne peut pas reproduire.


Et vous, qu’en pensez-vous ?

Est-ce que cette évolution de l’IA vous inquiète ? Ou au contraire, est-ce que ça vous conforte dans l’idée que votre pratique a quelque chose d’irremplaçable ?

Laissez un commentaire ci-dessous pour partager votre avis 😀

15 réflexions sur “Les photographes vont-ils disparaître ?”

  1. Bonjour Fabien,

    Entièrement d’accord avec tes conclusions et je ne souhaite pas que l’on m’enlève le plaisir de faire des photos…

    Cordialement

    Gérard

  2. Dominique Letizia

    Bonjour Fabien,
    Merci pour tous tes messages toujours inspirants. L’IA m’irrite, mais je sais très bien que je ne peux rien y faire c’est en route et rien ne l’arrêtera jusqu’à ce qu’il y ait dérive et accident comme d’habitude. Bon c’est vrai ça c’est la vision négative. Positivement oui cela peut aider de jeunes entrepreneuses / entrepreneurs qui galèrent financièrement.
    Moi la question que je me pose c’est : que vont devenir tous ces beaux métiers et les humains derrières. On se plaint de la solitude toujours plus grande et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer les réseaux sociaux on aggravaient la relation à l’autre. Les jeunes ont souvent peurs d’aller au contact on rompt une relation par SMS on étale sa vie intime mais pas que… Résultats RDV au resto tout le monde sur son portable en attendant le serveur le silence, c’est très bizarre.
    L’IA pour les photographes pour les interprètes pour les écrivains pour les peintres etc. Pour moi on perd l’essentiel on veut aller vite toujours plus vite, donc on attend pas que le soleil se couche en attendant tranquillement le bon moment on shoote à 15 heures et après on demande à l’IA de nous faire un beau coucher de soleil. Fini le contact avec le professionnel, l’artiste qui donne le petit plus qui fait la différence, la discussion la belle rencontre.
    Avec l’IA c’est un peu comme signer un pacte avec le diable pour moi cela parait génial mais quelles sont les intentions derrière. Que vont devenir tous les savoirs le jour où l’on sera privé de l’IA.
    Aujourd’hui on sait encore comme fonctionne un boitier et le couple boitier objectif mais demain qui va s’en soucier puisque tout est sur internet et on a les conseils de l’IA. On sera pieds et poings liés esclave du bon vouloir de la technologie.
    Donc je trouve l’IA magique mais je préfère discuter avec un être humain qui a de toute façon beaucoup plus de conversation de chaleur humaine un avis différent qui me fait me remettre en question. L’esprit de réparti, l’humour l’envie d’aider, d’aimer.
    Franchement Fabien, rien ne me fera préférer des cours photo via l’IA plutôt qu’avec toi, rien à voir.
    J’ai un peu digressé mais le sujet est vaste et pas innocent nous concernant nous autres êtres humains.

  3. Jacky Lacalmontie

    Bonjour Fabien,
    J’ai bien lu dans le détail, ta réaction face à Google « pomelli « et je te rejoins sur tous les points que tu as évoqués…
    Pour l’instant nous ne sommes pas concernés…
    Mais il est fort probable que rapidement, cela nous concerne pour l’ensemble des photos que nous réalisons « paysages, portraits, actions…»
    Mais la question que je me pose :
    Ne saurais-je pas tenté d’utiliser ce procédé pour des photos qui me tiennent à cœur… où j’étais là, au bon moment, photo prise…
    Et hélas un ou plusieurs paramètres de réglage pas satisfaisant, photo décevante…
    Et par miracle l’utilisation de ce logiciel magique fait ma photo excellente… Celle que je pensais prendre.
    Alors oui interrogation…!
    Vais-je me laisser tenter par la facilité, ou au contraire m’acharner à faire mieux que ce logiciel peut m’apporter…

  4. Tout est dit dans ton analyse sur les évolutions de l’IA. Le seul bémol c’est que la nouvelle génération sera (à mon avis) peu encline à suivre les pas des « vrais » photographes. Ceux qui dépensent pas mal en boitiers et objectifs, bref des vrais passionnés. Alors oui on continuera à croiser sur des chemins de randonnées, de jeunes photographes qui vous regarderons d’un œil amusé en train de sortir vôtre trépied et autre lourd et encombrant matériel. Peut être vous demanderont-ils s’ils peuvent vous prendre en photo via leurs smartphones derniers cris. Je ne juge pas, mais je regarde la moyenne d’âge dans mon club et si un seul n’a pas les cheveux gris, c’est qu’il est chauve. Ainsi va l’évolution… Vive l’Art, tout l’Art d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

  5. Sincèrement je n’aime pas cette histoire d’IA qui intervient dans tous les domaines. C’est toujours un plaisir de réussir une photo.

  6. Bonsoir Fabien
    Je suis tellement d’accord avec vous… Le plaisir d’être dehors… d’observer… un oiseau… un animal… une fleur… écouter le chant de l oiseau… sentir le parfum des fleurs… Et capturer ces moments de pur bonheur avec notre appareil photo….

  7. AUFAUVRE Patrick

    J’ai 72 ans. Mon père m’a offert mon 1er appareil photo 📷 alors que j’avais 8 ans, un kodak cubique dont je ne me souviens plus le nom. Aujourd’hui je viens de racheter un boîtier Pentax K1 II, j’habite à la campagne, j’adore être dans la nature avec mon sac photo, faire de la macro, photos d’oiseau et paysages. Alors l’IA pas pour moi, la photo est un loisir et doit le rester.

  8. PIERRE DELANDER

    Bonjour,
    Je ne pense pas que l’IA va tuer le photographe, car la prise de vue reste une émotion personnelle. Mais, ça va forcer le professionnel à se réinventer, mettant en lumière l’importance du « fait main » de l’artiste, sa créativité selon la demande des clients. Il y a toujours l’aspect humain que l’IA ne pourra pas reproduire. Tout en offrant à tout un chacun l’automatisation des applications de retouche qui font partie d’un processus de finition.

  9. L’IA et le post- traitement avec un logiciel comme (ex: luminar ou autres) c’ est du pareil au même. Réussir à produire une belle photo sans la retoucher n’est pas chose facile et c’est la le défi.

  10. Bonjour Fabien, et oui l’IA va mettre beaucoup de monde sur le carreau et pas que dans le domaine de la photographie, aussi dans l’apprentissage des enfants. Personnellement cela fait peur pour l’avenir

  11. Bonjour Fabien,
    Comme d’habitude, ton analyse est très intéressante, et sans parti-pris : merci pour cet éclairage neutre, qui permet à chacun de se sentir concerné sans se sentir visé.
    Selon moi, cet état de chose était prévisible et inévitable : nous sommes à l’heure de l’assistanat.
    L’IA permettant des résultats professionnels, même à partir de clichés théoriquement bons pour la poubelle, beaucoup de gens ignorants et/ou ennemis du moindre effort vont se ruer sur ce joker magique.
    Il est certain que les professionnels vont devoir se montrer imaginatifs pour proposer quelque chose en plus : cela va malheureusement être très compliqué pour eux.
    Pour la catégorie à laquelle j’appartiens, et pour qui la photographie est un hobby, un passe-temps, une passion, je pense sincèrement que cela ne changera pas forcément grand-chose, car rien ne remplacera (à mon avis) la satisfaction de savoir exactement comment l’on a réalisé et réussi (ou raté) nos photographies.
    Dans une moindre mesure, je trouve que le débat était similaire, à un niveau moindre, avec l’utilisation plus ou moins lourde des logiciels de traitement d’image.
    Pour ma part, je ne travaille qu’en photographie brute, sans post-corrections. Je sais donc (en principe) comment je suis arrivé au résultat final. J’ai il faut bien le dire, un avantage, celui d’avoir pratiqué la photographie argentique durant des années, ce qui ne laissait généralement aucune place à l’erreur …
    En ce qui me concerne, l’IA est désactivée sur tous mes appareils.
    A bientôt !
    Très cordialement,
    Fabrice.

  12. Je suis tout à fait d’accord avec toi Fabien ; mais ne nous laissons pas abattre continuons à prendre plaisir à photographier .Josiane .

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